...

...
Parallement a cette époque le look devient aussi important que la musique,les déclarations d'intention politiques se manifestent par des détails vestimentaires ou des coiffures. Aprés avoir essayé de dompter ses cheveux pour les rendre souples comme ceux des blancs,James brown se défait de son célébre brushing et adopte une coupe afro plus politiquement correct en ces temps turbulents d'activisme noir,Marvin gaye se laisse pousser la barbe signe de virilité,Aretha Franklin pose en robe africaine sur les pochettes de ses albums d'Atlantic Records.Et le leader des black panthers n'hésite pas a poser sur un trone avec lance et bouclier.

En 1971,Marvin Gaye chante « what's going on »,Sly Stone sort la meme année “there a riot going on”qui illustre le découragement d'etre noir au début des années 70 mais également sa propre confusion mentale,les drogues dures ayant inflitrées chaque recoin des ghettos. Funk et drogues forment désormais un ensemble indiscossiable qui aura abouti a des création sonores de très grande qualitéau détriment de la santé des artistes. La cocaine entre dans la consommation de masse durant l'année 1967 et en 1970 plus de 22 Kg sont confisqués par le gouvernement americain des la 1ere semaine de janvier ( A voir le film :Blow avec Johnny Depp qui raconte la vie de George Jung l'un des 1er a avoir importé la cocaine au States).Le marché de l'Héroine atteint lui aussi des sommets.
Le 20 aout 1972, a lieu le mythique concert Wattstax (que vous pouvez trouver en DVD,j'essaierais de vous en donner des extraits).Qui a lieu dans le quartier noir de L.A a Watt et organisé par le label d'All Bell Stax,qui surf sur la vague du balck is beautiful. L'événement constitue le plus grand rassemblement de l'amérique noire depuis la marche sur Washington de 1963 ;sorte de WoodStock noir.L'évenement seras filmé,mais paradoxalement par un réalisateur blanc alors que le cinéaste noir Marvin Van Peebles (Voir Blaxploitation) se charge du service de sécurité. Le Concert est présenté par le révérend Jesse Jackson,leader omnisprésent depuis l'assassinat de King,qui arangue les foules avec son slogan « iam somebody, say i'm ...somebody ! » (on peut l'entendre en intro dans le morceaux i am somebody de Glenn Jones en 1983).
Wattstax rassemble artistes,familles,politiciens, et héros populaires du quartier de Watts :Dealers, Pimp ,et autres prostituées sapés comme des rois et reines qui tiennent le haut de l'évenement avec leur coiffure Afro triomphante.
La vedette du concert n'est pas seulement Isaac Hayes et son theme from Shaft mais aussi le quinquagénaire Rufus Thomas et son bermuda rose fuschia avec son hymne « do the Funky Chicken ! » (LA video de se concertpermet d'apercevoirs les prémisces du Loking) ;dont les pitreries ont faillis déclencher une émeute (Voir le Film) .On trouve également le black rock des barkays,les Stapples Singer ainsi que les Soul Children.

La crise pétroliere des années 70 vient progressivement distraire l'attention des Américains de la question noire. Les présidents Reagan et Bush pére se chargeant de battre en breche les acquis anti-discriminatoires accordés par leurs prédecesseurs.Dans le meme temps,l'émergence du Disco se charge d'anésthesier la conscience politque de l'amérique tout entiére. Les derniers sursaut citoyen sont sans doute ceux des O'Jays lorqu'il clament « Give the people what they want » en 1975 ou O.V Wright en 1979 lorsqu'il dénonce le chomage ,le repli sur soi et la crise dans Hurt is on.
Ecartée par la culture HipHop qui retrouve des accents individualistes oubliés depuis le blues,la soul se console avec la ballade en oubliant son role de conscience tout au long des années Reagan.
Alors que le hiphop tend a s'essoufler en ce debut de XXIe siecle ,il est difficile de savoir si le retour en force de la nouvelle soul s'accompagnera d'un sursaut militant,si cela été le cas il est peu probable que les enjeux d'hier redeviennent d'actualité,meme si George Clinton exigeait encore en 1993 de changer la couleur de la Maison Blanche dans paint the white house black ( Pour moi cela me parait plutot ironique puisque l'appelation Maison-Blanche est historique,meme si l'on sait que Washington est une ville noire a 80%,je pense que ce jour il avait fumé plus de joints qu'a son habitude)
A l'heure de la présidence actuelle de George W.bush, la lutte pour la dignité des afro-américains est devenus une lutte a deux vitesses ;si une partie non négligeable des classes moyennes et superieure de l'Amerique noire participe au reve Americain au terme de plusieurs decennies d'intégration (c'est le cas par ex de Collin Powell et Condoleeza Rice présent au coté de G.W Bush),les plus défavorisés,cantonnés dans les ruines des ghettos urbains,font plus que jamais les frais de l'injustice sociale (comme nous avons pu le voir lors de L'ouragan Kathrina qui ravagea la Nouvelles Orleans,patrie du jazz en 2004 ,c'est comme si cet ouragan avait dévoilé aux yeux du monde entier la triste réalité du pays le plus riche de la planete).Et beaucoup reste a faire pour parvenir a une situation acceptable dans l'un des pays les plus riches de la planete.


Playlist "Explicit Soul" (Rien que pour vous!!):
GIl Scott Heron-The Revolution
James Brown-Say it loud i'm black i'm proud
Syl Johnson-Is it because i'm black
Cymande-Brother on the Slide
Charles Wright-Express Yourself
Staple Singers-Express Yourself
William de Vaughn-Be thankfull for what you've got
Poets of the Rythm-Upper Class
Freda Payne-Mothers Misery's favourite Child
Joe Quaterman-The way they do my life
Curtis Mayfield-Freddie's Dead
Caudi Staton-Clean Up America
Donny Hathaway-Little Ghetto Boy (frissons garantit avec celle la!)

SYL JONHSON-IS IT BECAUSE I'M BLACK

CYMANDE-BROTHERS ON THE SLIDE


Sources:
L'encyclopédie du Rythm & Blues et de la soul,Sebastian Danchin
James Brown,L'Amérique noire,la soul et le funk,Florent Mazzoleni

# Posté le dimanche 23 juillet 2006 10:00

Modifié le lundi 25 août 2008 06:22

DISCOURS DE MARTIN LUTHER KING Jr. AU LINCOLN MEMORIAL LE 28 AOUT 1963

DISCOURS DE MARTIN LUTHER KING Jr. AU LINCOLN MEMORIAL LE 28 AOUT 1963
]- Martin Luther King Junior -
"I have a dream"
(transcription du discours du 28 août 1963)


Ma
rtin Luther King at the March on Washington for Jobs and Freedom (August 28, 1963)

"I Have a D
ream"

I am happy to j
oin with you today in what will go down in history as
the greatest demon
stration for freedom in the history of our nation.

Five score years a
go, a great American, in whose symbolic shadow
we stand today, signed the Emancipation Proclamation. This momentous
dec
ree came as a great beacon light of hope to millions of Negro slaves
wh
o had been seared in the flames of withering injustice. It came as a
jo
yous daybreak to end the long night of their captivity.

But 100 years
later, the Negro still is not free. One hundred years
later, the life o
f the Negro is still sadly crippled by the manacles of
segregation and
the chains of discrimination. One hundred years later, the
Negro lives
on a lonely island of poverty in the midst of a vast ocean of
material
prosperity. One hundred years later, the Negro is still languished
in th
e corners of American society and finds himself an exile in his own
lan
d. And so we've come here today to dramatize a shameful condition.

In
a sense we've come to our nation's capital to cash a check. When
the a
rchitects of our republic wrote the magnificent words of the
Constitutio
n and the Declaration of Independence, they were signing a
promissory n
ote to which every American was to fall heir. This note was a
promise t
hat all men - yes, black men as well as white men - would be
guaranteed
the unalienable rights of life, liberty, and the pursuit of
happiness.


It is obvious today t
hat America has defaulted on this promissory note
insofar as her citizen
s of color are concerned. Instead of honoring this
sacred obligation, A
merica has given the Negro people a bad check, a
check that has come ba
ck marked "insufficient funds."

But we refuse
to believe that the bank of justice is bankrupt. We
refuse to believe t
hat there are insufficient funds in the great vaults of
opportunity of
this nation. And so we've come to cash this check, a check
that will giv
e us upon demand the riches of freedom and security of justice.
We have
also come to his hallowed spot to remind America of the fierce
urgency
of now. This is no time to engage in the luxury of cooling off or to
t
ake the tranquilizing drug of gradualism. Now is the time to make real the
promises of democrac
y. Now is the time to rise from the dark and
des
olate valley of segregation to the sunlit path of racial justice. Now is the
time to lift our n
ation from the quicksands of racial injustice to the solid
rock of brot
herhood. Now is the time to make justice a reality for all of
God's chi
ldren.

It would be fat
al for the nation to overlook the urgency of the moment.
This swelterin
g summer of the Negro's legitimate discontent will not pass
until there
is an invigorating autumn of freedom and equality. Nineteen
sixty-three
is not an end but a beginning. Those who hoped that the Negro
needed t
o blow off steam and will now be content will have a rude
awakening if
the nation returns to business as usual. There will be neither
rest nor
tranquility in America until the Negro is granted his citizenship
right
s. The whirlwinds of revolt will continue to shake the foundations of
o
ur nation until the bright day of justice emerges.

But there is somet
hing that I must say to my people who stand on the
warm threshold which
leads into the palace of justice. In the process of
gaining our rightfu
l place we must not be guilty of wrongful deeds. Let us
not seek to sat
isfy our thirst for freedom by drinking from the cup of
bitterness and
hatred. We must forever conduct our struggle on the high
plane of dignit
y and discipline. We must not allow our creative protest to
degenerate
into physical violence. Again and again we must rise to the
majestic he
ights of meeting physical force with soul force. The marvelous
new mili
tancy which has engulfed the Negro community must not lead us to
a distr
ust of all white people, for many of our white brothers, as evidenced
b
y their presence here today, have come to realize that their destiny is tied
up with our destin
y. And they have come to realize that their freedom is
inextricably bou
nd to our freedom. We cannot walk alone.

And a
s we walk, we must make the pledge that we shall always
march ahead. We
cannot turn back. There are those who are asking the
devotees of civil
rights, "When will you be satisfied?" We can never be
satisfied as long
as the Negro is the victim of the unspeakable horrors of
police brutal
ity. We can never be satisfied as long as our bodies, heavy
with the fa
tigue of travel, cannot gain lodging in the motels of the highways
and
the hotels of the cities. We cannot be satisfied as long as the Negro's
basic mobility is from a smaller ghetto to a larger one. We can never be
satisfied as long as o
ur children are stripped of their selfhood and robbed
of their dignity
by signs stating "for whites only." We cannot be satisfied as
long as a
Negro in Mississippi cannot vote and a Negro in New York
believes he h
as nothing for which to vote. No, no we are not satisfied and
we will no
t be satisfied until justice rolls down like waters and
righteousness l
ike a mighty stream.

I
am not unmindful that some of you have come here out of great
trials a
nd tribulations. Some of you have come fresh from narrow jail cells.
So
me of you have come from areas where your quest for freedom left you
ba
ttered by storms of persecution and staggered by the winds of police
bru
tality. You have been the veterans of creative suffering. Continue to
w
ork with the faith that unearned suffering is redemptive.

Go back to
Mississippi, go back to Alabama, go back to South
Carolina, go back to
Georgia, go back to Louisiana, go back to the slums
and ghettos of our n
orthern cities, knowing that somehow this situation can
and will be cha
nged.

Let us not wallo
w in the valley of despair. I say to you today my
friends - so even tho
ugh we face the difficulties of today and tomorrow, I
still have a dream. It is a dream deeply r
ooted in the American dream.

I have a dream th
at one day this nation will rise up and live out the
true meaning of its creed: "We hold these
truths to be self-evident, that all
men are crea
ted equal."

I have a dream that one day on the
red hills of Georgia the sons of
former slaves
and the sons of former slave owners will be able to sit down
together at the table of brotherho
od.

I have a dream that one day even the stat
e of Mississippi, a state
sweltering with the he
at of injustice, sweltering with the heat of oppression,
will be transformed into an oasis of fr
eedom and justice.

I have a dream that my fou
r little children will one day live in a nation
where they will not be judged by the color of their skin but by the content
of their character.


I have a dream today.

I have a dream that o
ne day down in Alabama, with its vicious racists,
with its governor having his lips dripping wi
th the words of interposition
and nullification
- one day right there in Alabama little black boys and
black girls will be able to join hands w
ith little white boys and white girls as
sisters
and brothers.

I have a dream today.

I have
a dream that one day every valley shall be exalted, and every
hill and mountain shall be made l
ow, the rough places will be made plain,
and the
crooked places will be made straight, and the glory of the Lord
shall be revealed and all fles
h shall see it together.

This is our hope. Thi
s is the faith that I go back to the South with.
With this faith we will be able to hew out of
the mountain of despair a
stone of hope. With th
is faith we will be able to transform the jangling
discords of our nation into a beautiful symp
hony of brotherhood. With this
faith we will be
able to work together, to pray together, to struggle
together, to go to jail together, to stand
up for freedom together, knowing
that we will b
e free one day.

This will be the day, this wil
l be the day when all of God's children will
be
able to sing with new meaning "My country 'tis of thee, sweet land of
liberty, of thee I sing.
Land where my father's died, land of the Pilgrim's
pride, from every mountainside, let freedom
ring!"

And if America is to be a great nation,
this must become true. And so
let freedom ring
from the prodigious hilltops of New Hampshire. Let
freedom ring from the mighty mountains of Ne
w York. Let freedom ring
from the heightening Al
leghenies of Pennsylvania.


Let freedom ring f
rom the snow-capped Rockies of Colorado. Let
fr
eedom ring from the curvaceous slopes of California.


But not only that; let freedom ring from
Stone Mountain of Georgia.


Let freedom ring
from Lookout Mountain of Tennessee.


Let free
dom ring from every hill and molehill of Mississippi - from
every mountainside.


Let freedom
ring. And when this happens, and when we allow
f
reedom ring - when we let it ring from every village and every hamlet,
from every state and eve
ry city, we will be able to speed up that day when
all of God's children - black men and white m
en, Jews and Gentiles,
Protestants and Catholics
- will be able to join hands and sing in the words
of the old Negro spiritual: "Free at last!
Free at last! Thank God Almighty,
we are free at
last!"

TRADUCTION FRANCAISE:

Il y a cent an
s, un grand Américain, qui jette sur nous aujourd'hui son ombre symbolique, a signé la Proclamation d'Emancipation. Cet arrêté d'une importance capitale venait porter la lumière, comme un phare d'espoir, aux millions d'esclaves Noirs, marqués par les flammes d'une injustice foudroyante, et annonçait l'aube joyeuse qui allait mettre fin à la longue nuit de la captivité. Mais un siècle plus tard, nous devons faire le constat tragique que les Noirs ne sont pas encore libres. Un siècle plus tard, la vie des Noirs reste entravée par la ségrégation et enchainée par la discrimination.

Un siècle plus tard, les Noirs re
présentent un ilôt de pauvreté au milieu d'un vaste océan de prospérité matérielle. Un siècle plus tard, les Noirs languissent toujours dans les marges de la société américaine, des exilés dans leur propre terre. Alors nous venons ici aujourd'hui pour dramatiser notre condition effroyable.

Nous venons à la capitale de notre nation
pour demander, en quelque sorte, le paiement d'un chèque. Quand les architectes de notre République écrivirent les textes magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d'Indépendance, ils signèrent un billet à l'ordre de chaque américain. C'était la promesse que chacun serait assuré de son droit inaliénable à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur.

Il est aujo
urd'hui évident que l'Amérique a manqué à cet engagement quant à ses citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l'Amérique a passé au peuple Noir un chèque qui revient marqué "sans provisions". Mais nous ne saurons croire qu'il n'y a plus suffisamment de provisions dans les grands coffres d'opportunités nationaux. Alors nous venons exiger notres paiement contre ce chèque, paiement sur demande des richesses de la liberté et de la sécurité que procure la justice.

Nous venons également à c
et endroit sacré pour rappeler à l'Amérique l'urgence absolue de ce moment. Ce n'est pas le moment de prendre le luxe de laisser calmer les esprits, ni de nous laisser endormir par une approche gradualiste. Il est temps de quitter la vallée sombre et désolée de la ségrégation pour prendre le chemin ensoleillée de la justice raciale. Il est temps d'ouvrir les portes de l'opportunité à tous les enfants de Dieu. Il est temps de tirer notre nation des sables mouvants de l'injustice raciale jusqu'au rocher solide de la fraternité.

Que la nation ne tienne pas compte de l
'urgence du moment, qu'elle sous-estime la détermination des Noirs, lui serait fatal. Cet été étouffant du mécontentement légitime des Noirs ne prendra fin qu'à l'arrivée d'un automne vivifiant qui amènera liberté et égalité. L'année 1963 n'est pas une fin, mais un début.

Ceux qui ve
ulent croire que les Noirs seront satisfaits seulement de s'exprimer avec force auront un fàcheux réveil si la nation revient aux affaires habituelles comme si de rien n'était. L'Amérique ne connaîtra ni repos ni tranquillité tant que les Noirs ne jouissent pas pleinement de leurs droits civiques. Les orages de la révolte continueront à secouer les fondations de notre pays jusqu'au jour où la lumière de la justice arrivera. Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, qui est sur le point de franchir le seuil de la justice. En luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d'actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l'amertume et de la haine pour assouvir notre soif.

Nous devo
ns toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignité et de la discipline. Nous ne pouvons pas laisser notre protestation créative dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalté où nous opposons à la force physique la force de l'âme. Le militantisme merveilleux qui a pris la communauté noire ne doit pas nous amener à nous méfier de tous les Blancs, on le voit par leur présence ici aujourd'hui, se sont rendus compte que leur destin dépend étroitement de la nôtre. Nous ne pouvons pas marcher seuls.
Et quand nou
s marchons, nous ne devons jurer d'aller toujours de l'avant. Nous ne pouvons pas faire demi-tour. Il y en a qui demandent aux fervents des droits civiques, "Quand serez-vous satisfaits ?" Nous ne serons étre satisfaits tant que nous ne pouvons pas laisser nos corps fatigués se reposer dans les motels des routes ni les hôtels des villes.


Nous ne serons
être satisfaits tant que les Noirs ne peuvent bouger que d'un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne serons être satisfaits tant qu'un Noir en Mississippi n'aura pas le droit de voter et qu'un Noir à New York ne verra rien pour lequel on peut voter. Non, non, nous ne sommes pas satisfaits et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déchaînera comme les eaux, et que la justice sera comme un fleuve puissant.

Je
ne suis pas sans savoir que certains d'entre vous arrivent ici après maintes épreuves et tribulations. Certains d'entre vous viennent directement des cellules étroites des prisons. Certains d'entre vous viennent des régions où votre quête pour la liberté vous a laissé meurtris par les orages de la persécution et renversés par le vent de la brutalité policière.

Vous ê
tes les vétérans de la souffrance créative. Persévérez dans l'assurance que la souffrance non méritée vous apportera rédemption.

Retournez da
ns le Mississippi, retournez en l'Alabama, retournez en Géorgie, retournez en Louisiane, retournez dans les ghettos et quartiers pauvres de nos villes du Nord, en sachant que cette situation, d'une manière ou d'une autre, peut être et sera changée. Ne nous complaisons pas dans la vallée du désespoir.

Je vo
us dis aujourd'hui, mes amis, que malgré les difficultés et les frustrations du moment, j'ai quand même un rêve. C'est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain.

J'a
i un rêve qu'un jour, cette nation se lèvera et vivra la vrai signification de sa croyance : "Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux".

J'ai
un rêve qu'un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.

J'ai un r
êve qu'un jour même l'Etat de Mississippi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.

J'ai un rêve que m
es quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère.

J'ai un rêv
e aujourd'hui.

J'ai un rêve qu'
un jour l'Etat de l'Alabama, dont le gouverneur actuel parle d'interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noirs pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et soeurs.

J'ai un rêve aujourd'hui.

J'ai
un rêve qu'un jour, chaque vallée sera levée, chaque colline et montagne seront nivellées, les endroits rugueux seront lissés et les endroits tortueux seront fait droits, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble.

Ce
ci est notre espoir. C'est avec cet espoir que je rentre dans le Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, être emprisonnés ensemble, en sachant qu'un jour nous serons libres.

Q
uand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau cette chanson patriotique, "Mon Pays, c'est de toi, douce patrie de la liberté, c'est de toi que je chante. Terre où reposent mes aïeux, fierté des pélerins, de chaque montagne, que la liberté retentisse."

Et si l'Amériqu
e veut être une grande nation, ceci doit se faire. Alors, que la liberté retentisse des grandes collines du New Hampshire. Que la liberté retentisse des montagnes puissantes de New York. Que la liberté retentisse des Hauts Alleghenies de la Pennsylvanie!

Q
ue la liberté retentisse des Rockies enneigées du Colorado!

Que la liber
té retentisse des beaux sommets de la Californie!

Mais aussi que la
liberté retentisse Des Stone Mountains de la Géorgie!

Que la liberté re
tentisse des Lookout Mountains du Tennessee!

Que la liberté retentisse de chaque colline et de chaque taupinière du Mississippi! Que la liberté retentisse!

Quan
d nous laisserons retentir la liberté, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque Etat et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs, Catholiques et Protestants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir :
"Enfin libres
! Enfin libres ! Dieu tout-puissant, merci, nous sommes enfin libres!"


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# Posté le dimanche 23 juillet 2006 10:21

Modifié le lundi 24 juillet 2006 18:16

JAMES BROWN ET LA REVELATION FUNK:DE LA SOUL AU FUNK

JAMES BROWN ET LA REVELATION FUNK:DE LA SOUL AU FUNK
Comme vous avez pu le constater plus haut l'évolution ;l'évolution de la condition noire américaine et l'ascension de James Brown aussi bien artistique,commerciale et politique sont quasiment indissociable.Ce dernier s'étant impliqué bien que tardivement ,sans doute par son egocentrisme éxacerbé dont nous reparlerons,dans le mouvement pour les droits civiques.
Je vous propose ici d'examiner la vie et l'½uvre de cet homme qui révolutionna la musique du XXe siecle.
La musique soul a toujours été un bonne indicateur de la tension sociale qui régnait dans la rue Noire exprimant a travers son rythme et ses paroles la vie de la communauté Afro-Américaine. Le rythme Funk naitra au plus fort des émeutes raciales,lorsque la pression sociale atteindra son paroxisme.Plus brut,plus violent (par ses cassures rythmiques,sa syncope prononcée,ses contre-temps),plus sale mais aussi plus vrai :c'est lui qui desormais exprimera le desarrois de la communauté noire ,sur fond de sexe et de drogues.

James brown est né le 3 mai 1933 a Branwell en Caroline du sud dans une famille miserable.En 1938,agé de 5ans,JB vient habiter chez sa tante en Georgie dans la ville d'Augusta.Son pere venait de l'abandonner,après s'etre engager dans l'US NAVY (la marine militaire).Un an auparavant sa mere l'avait laissé a la garde de son pere,choissisant de partir pour le Nord Urbain synonyme d'une vie meilleure.
Bien que luxueuse et prospere ,la ville d'Augusta possedait également ses ghettos avec leur lit de frustration.
Sa tante dirigeait l'une des maisons closes de la ville ,pour ne pas dire tout simplement bordel.William Glenn ,le petit fils de sa tante,devient le frere d'infortune de JB :ils rabattent des clients,cherchent des restes de charbon sur la voie ferrée pour chauffer la maison,quand ils ne cirent pas les chaussures des passants pour assurer la survie de leur demeure pas forcement prospere en ces temps de guerre.
A l'occasion,pour distraire les soldats des bases militaires environnantes comme Fort Gordon,James danse dans la rue avant de les conduire au bordel. La souplesse de son jeu de jambes et son rythme inné lui rapporte un peu d'argent se qui permet d'entretenir sa ferveur avec laquelle il se démène été comme hiver,pieds nus dans la poussière.Une motivation et une ferveur qui seront a la base de ses performances scéniques puis de son succés.

La Géorgie conccurence alors le Mississipi sur le terrain de la discrimination raciale.Hormis celui d'etre cireur de chaussures ou ouvrier agricole saisonnier,l'espoir des Noirs a Augusta au milieu du XXe siecle n'est guère plus élevé qu'un siecle auparavant.Dans la dureté des années de récession qui suivent la crise de 1929,les chances de reussites pour un jeune Noir sont plutot minces,en particulier dans le Sud qui ne s'est pas encore remis de la défaite de a guerre de Sécession.Seuls les mondes du crime,du sport et du spectacle offrent un avenir incertains.
JB forme son 1er groupe vocal a 12 ans : « Ceremonia Trio » et participe a quelques concert locaux.il faut dire que souvent livré a lui-même il avait appris a jouer d'un harmonica a 10cents.
Renvoyé de l'école en raison de ses « habits indignes ».JB va commetre quelques larcins,redistribuant le butin a ses camarades encore plus infortunés que lui.A 16 ans JB est surpris par la police entrain de voler une batterie de voiture.Il est alors condamné a autant d'années de prisons ,pour ses multiples vols.Il est envoyé en maison de redressement,au pénitencier de l'Alto Reformatory School,ou il pratique la boxe et le base-ball ses deux grandes passions.
Il chante également dans une chorale de gospel ;ces codétenus le surnomment « Music Box ».Ces activités ,ainsi que son autorité naturelle de leader,lui valent une remise de peine.Puis il est libéré au bout de 3 ans avec interdiction formelle de revenir a Augusta (Meme apres ses 1ers succés,la municipalité lui délivrera la permission exceptionnelle d'y jouer a condition qu'il n'y sejourne pas plus de 24H).

Le 14 juin 1952,JB devient joueur de base-ball a Toccoa,une ville forestière du Nord-Est de la Géorgie.Le jeune pianiste Bobby Byrd (vous savez ,celui qui composera plus tard deux tubes : « i know you got soul » et « hot pants,i'm coming,coming,coming »qui deviendrons des classiques du Locking),qu'il a rencontré lors d'un match de base-ball alors qu'il etait encore incarcéré,lui propose alors d'habiter dans sa minuscule maison familiale en compagnie de sa mere,sa grand mere et quatre autres membres de sa famille.
Byrd raconta comment il a découvert JB : « On peut parfois deviner que les gens ont un don spécial.C'est ce qui m'est arrivé avecJB.Lorsque j'ai vu que James était dérriere les barreaux,je me suis dit qu'il fallait que je l'en sorte,car si quelqu'un d'autre l'avait vu,il était évident que James serait devenu enorme dans le gospel ou dans le Rythm & Blues.je pensais que j'étais la terreur locale du R&B et du gospel avec me deux groupes.Et voila que déboule James,chantant comme un oiseau,se roulant par terre et rendant les gens fous.Cela était fascinant,mais j'étais furieux.Je n'avais pas besoin de lui comme adversaire.Je devais l'avoir dans mon camp.C'est pourquoi j'ai tout fait pour le recruter dans mon groupe.Pourtant,au début,James ne voulait chanter que du gospel.Il fesait exulter les églises »
JB travaille par la suite chez un concessionnaire automobile,avant de se faire renvoyé après avoir accidenté la voiture d'un client en fesant le pitre devant son ancienne maison d'arret,puis dans une usine de plastique tout en continuant le base ball.
Entre temps,il se marie avec Velma Warren,une jeune fille tombée en admiration devant lui apres un concert dans une eglise baptiste,au sein des Ever Ready Gospel Singers.
James se laisse convaincrepar Byrd ::Il rejoint son groupe,les Gospel Starlighters.Et meme s'il est jeune marié,ca ne l'empeche pas de fleurter avec Sarah,la s½ur de Bobby.Puis,le groupe délaisse progressivement le Gospel pour s'approprier le repertoire de la soul music émergeante,tel les Midnighters de Hank Ballard.Ils se repabtisent les Avonset JB e met également au piano avec son ami Léon Austin,qui joue secrétement du boogie-woogie sur le clavier de leur église.
Bobby et James voulaient exactement faire ca : « Lorsque nous avons vu toutes les filles hurler et se rouler par terre pour Hank Ballard et ses Midnighters,nous nous sommes dit que c'était ca que nous voulions faire ».JB n'est alors qu'une imitation des 1ers chanteurs de R&B ayant mis en avant leur racines gospel.

Le groupe rebaptisé The Flames,commence a tourner dans le circuit des clubs du Nord de la Géorgie et de la Caroline Du Sud voisine.Au cours de l'été 1955,a l'entracte d'un concert de Little Richard ,JB s'appropie la scene avec son groupe (comme quoi il faut avoir de l'audace dans la vie !).Le public est immédiatement conquis,JB hurle,cris,gémit..tel le fesait lui-même Little Richard.Bobby Byd est formel : « C'est la que JB s'est véritablement mis a hurler et a hululer,ainsi qu'a danser comme un possedé.Il devait vraiment en faire plus que Little Richard. »
Etonné ce dernier les recommande a son manager et JB ne manque pas de garder le contact avec le chef d'orchestre de Little Richard.Le manager de ce dernier les fait jouer dans son propre club a Macon,une ville située a 300Km au Sud-ouest de Toccoa (ou naquit Otis Redding) et leur trouve un surnom plus approprié :The Famous Flame.

# Posté le dimanche 23 juillet 2006 10:23

Modifié le mardi 25 juillet 2006 15:02

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Cette meme année ils enregistrent le morceau « please,please,please »qui est en realité une reprise a la sauce gospel d'une autre chanson datant de 1952.
Parallelement le Rock & Roll explose avec Elvis Presley et Little Richard.
C'est a ce dernier que JB emprunteras l'idée de la Revue,qui permettait d'emmener en tournée plusieurs artistes,ceux-ci se contentant de chanter un ou deux morceaux,généralement leur tube,avant de laisser leur place a la vedette.
Ralph Bass,producteur et directeur artistique du label King, qui avait entendu « please,please,please » lors d'une visite chez le distributeur de King a Atlanta,ou JB était lui-même venu déposer la maquette quelques semaines auparavant.décide de signer Les Famous Flames King Records pour 200 $ sans jamais les avoir vu jouer sur scéne.
Le soir meme,ils donnent un concert dans une petite ville.Le charisme qui se dégage de JB leader autoproclamé des Famous Flame et l'aurra du reste du sextet ravit Ralph qui réalise qu'il a en face de lui une vrai usine a tube ;c'est le jackpot !

Syd Nathan,un Juif myope,hypochondriaque et asthmatique dans une Amérique Blanche protestante tout aussi déterminé et tétu que JB qui est Noir ,petit et illéttré et pauvre,est un des entrepreneurs indépendants qui sont a l'origine de l'émergence de la soul.Tout comme Atlantic a NYC,Chess a Chicago,ou Alladin a L.A. Nathan est a l'origine de la création du label King et il construira en plus son usine de pressage,ainsi que des distributions locales puis par la suite ouvrira une usine de fabrication de platines vinyles.Nathan a donc cré une entreprise qui régissait toutes les étapes de la production d'un disque,de son enregistrement en studio jusqu'au salon du consommateur.
Nathan qualifiera « please,please,please » du plus « gros tas de merde » qu'il est jamais entendu.Néanmoins il autorise le titre a etre commercialisé au niveau national alors que Bass souhaitait uniquement le sortir en Géorgie. Le 3 mars 1956,le groupe découvre avec surprise ,sur la pochette du single ,qu'il s'appelle désormais James Brown & The Famous Flames.Puis la phagocytise se poursuit lorque le nom devient James Brown & his Famous Flames
Quoiqu'il en soit le titre s'impose dans les charts au fils des mois ce qui donne tort a Nathan qui s'empresse de rappeller Bass qu'il avait licensié quelque temps avant.Cependant ,au début,Nathan a peu confiance en JB.Pour lui ce tube n'était qu'éphémere et il pense que le groupe seras incapables de recréer un morceau pareil,c'est pourquoi il limite les dépenses du groupe.Les membres de ce dernier quitte JB un par un ,meme Bobby Byrd.Temeraire et obstiné JB,reforme le groupe avec de nouveaux musiciens (notamment des ex de Little Richard,qui devenu fou abandonneras sa carriere en annulant 40 dates de tournées ;ceci profiteras a JB).

Apres 8 singles infructueux JB sort son morceau de la derniere chance : « try me » en septembre 1958 .Le succes est immédiat et devient n°1 des charts de race records.C'est aussi le 1er morceau a rentrer dans le classement pop (48e place),signe de reconnaissance du public Blanc.C'est a ce moment que Bobby Byrd reintegre le groupe.
En 1959 sort le 1er album de James Brown & His Famous Flames.La pochette y montre un rdz galant entre deux personnes blanches.Ceci était déstiné a ne pas heurter les sensibilités bien pensantes d'une majorité du public blanc.La vision d'une jambe féminine en suspens sur des marches ensoleillées ,dominée par un autoritaire costume masculin,paraissait beaucoup plus vendeuse que la négritude canaille,suante et fiére de JB et ses Famous Flames.Voyez comment JB et le personnel de King records se sont montrés ingénieux,ce subterfuge permis d'augmenter considérablement les ventes et d'autre part permet également une forme d'intégration raciale a travers la musique,meme si elle avait été amorcée par le Rock & Roll avec Little Richard et Elvis Presley.La musique et toutes son industrie jouérent un role fondamentale au retour a une dignité trop souvent baffoués de la communauté Afro-Américaine.A noter qu'il ne fut pas le seul a utiliser cette technique,Otis Redding le fit également.(Sur la pochette de son album de 1965 on pouvait apercevoir le visage d'une jolie blonde).Et revers de la médaille ,des décennies plus tard,Madonna en fit de meme mais pour obtenir l'effet inverse c-a-d percer dans les charts black (on ne voyait pas son visage,a l'époque tout le monde pensait que c'était une noire qui chantait)
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Malgré son succés grandissant et sa 1erne apparition au mythique Apollo Theater de Harlem en 1959,Syd Nathan ne veut toujours pas accorder toute sa confiance,ni meme un ample soutien promotionnel a JB.C'est Ben Bart,le fondateur de l'agence d'artistes Universal Attractions,la plus grosse du pays,qui se chargeras de la promotion de la Revue de JB.N'hésitant a verser des pots de vins aux radios et disk-jockey locaux.Avant qu'un tel scandale ne soit réveler qui discréditeras les plus grandes vedettes de l'époque.
JB remarquait la moindre évolution des gouts du public.comme il le rappelle lui-même : « c'est a cette période que j'ai commencé a ouvrir les yeux,et a penser differemment.Si j'étais resté dans le Sud,j'aurais continué a enregistrer un seul type de morceaux.En voyageant,j'ai compris beaucoup de choses et j'ai trouvé de nouvelles idées.Je suis devenu un penseur des grandes villes. »
Se produire dans les grandes métropoles du Nord-Est,comme Washington,Baltimore,Philadelphie ou New York,synonymes de plus grand gains a sans nul doute ouvert les yeux a JB alors apprentis homme d'affaire.

# Posté le lundi 24 juillet 2006 07:51

Modifié le mercredi 26 juillet 2006 09:45

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Mais d'où vient exactement la soul de Mr.James Brown ?
Et plus généralement d'où vienne les racines de la Funk music ?

JB au plus fort de sa popularité ne reconnu comme sources d'inspirations que sa propre personne et Dieu. Sa carrière se déclinant,il a progressivement reconnu ses inspirations fondatrices : « Personne ne m'a plus inspiré que Louis Jordan et Roy Brown (qui était également signé sur King records).Jordan était un performer incroyable,doublé d'un compositeur,d'un acteur,d'un arrangeur.C'était également un grand homme d'affaires.Mais Roy Brown possédait l'énergie et une garde robe incroyable qu'il cousait souvent lui-même.C'est l'une des raisons essentielles pour lesquelles j'étais capable de chanter durement,car je l'imitais a mes débuts.C'est de lui que viennent ma puissance et ma dynamique,que j'ai combinnées à mon passé gospel.C'est de la que vient la soul. »
Les deux derniers artistes cités par James Brown était des pionniers du Rock & Roll Noir. Et vous l'aurez compris ,l'une des principale source d'inspiration pour James mais également pour toute la musique noire américaine fut le Gospel.
Comme il le diras lui-même « chanter du gospel est une manière d'aider son ame et d'etre heureux.Le Gospel procure une forme de sérénité abslolue,car c'est la musique de l'esprit divin ».
Le Gospel est a la base de la soul des années 60,porteuse de reves d'une Amérique noire meilleure et équitable,alors que le blues incarne les chansons du désespoir et d'un passé douloureux.

La soul jouant un role de conscience sociale similaire a celui qu'a pu avoir le gospel dans l'univers religieux.A l'inverse du blues qui tente d'exprimer a la 1ere personne du singulier,par l'humour et l'auto-dérision,le vécu de la communauté noire,la chanson populaire noire se découvre avec la soul un discours collectif fortement identitaire,inspiré de celui de l'église baptiste.La frénesie de la musique soul et de JB vient directement de cette ferveur religieuse.Le gospel c'est crier,frapper dans ses mains,taper des pieds,jubiler dans le ch½ur d'une église noire pour s'élever et échapper au quotidien.A ce propos le popping vient aussi de l'église...il provient de la transe des individus,leurs corps se mettant a trembler (on dirait que leur corps poppait) ce dont s'inspirera Boogaloo Sam
A l'époque de nombreuses personnes « puristes » s'offusquaient de voir la musique du Diable emprunter sa ferveur au chant religieux.Cependant c'est grace a la musique « profane » que le Gospel a construit sa popularité Le blues en premier le sortit de l'église.Il y' a toujours eu une interaction constante entre la musique « sacrée » et « profane » au sein de l'Amerique Noire.Le gospel a finit par s'imiscer dans le R&B puis dans le Hiphop,retrouvant auprés du jeune public une audience qu'il avait perdue.


Depuis le début du XIXe siecle,la musique joue un role de premier plan dans l'ensemble des communautés noires,qu'elles soient libres ou asservies.L'essor des églises noires des villes,en particulier dans le Nord, a favorisé ce mouvement.Des 1801,le Révérand Richard Allen, publie un receuil qui comporte aussi bien des hymnes anglo-saxons traditionnels que ceux dont il est lui-même l'auteur.Sous son impulsion,ces cantiques traditionnels deviennent des Negro Spirituals.
Leur thématique,empruntées aux textes de l'Ancien Testament,met volontiers en avant la défaite des puissants face aux humbles.Ce qui correspond a une forme de protestation afin d'abolir l'esclavage alors qu'a la meme époque une critique ouverte de la servitude faisait jour dans les Etats du Nord des E-U.Mais la fonction de ses textes ne se limitent pas a cela,elle integre également la notion de délivrance apres la mort.
La guerre de Scessession et l'Emancipation des esclaves,concédée du bout des levres par le président Lincoln en 1863,va permettre la fusion entre les structures officielles religieuses chrétiennes de l'avant guerre avec le christiannisme de la communautés des esclaves.C'est ainsi que ce cré l'Eglise « noire »,qui assureras également des fonctions éducatives et de solidarité via des associations et des écoles.
Le mouvement prends surtout formes dans les états ruraux du Sud comme L'Alabama,la Géorgie ou le Mississipi ou ces sermons chantés font naitre l'extase parmis les fidèles.Au Nord,les negro spirituals sont considérées comme des pratiques paienne,dénuées de toutes intelligence et de tout raffinements.On y préfere les hymnes classiques que l'on connaît dans les congrégations blanches.

Au début du XXe siecle,on assiste a une évolution de l'art vocal religieux.Les prédicateurs pentecotistes encouragent la musique pendant les offices,non seulement sous forme vocale mai également avec des instruments,ce qui singularise le culte en le rendant très attractifs et spectaculaire ;en scandant collectivement des phrases empruntées au preche,les fideles donnent une nouvelle force a l'ancienne tradition des call and response(ou l'officiant fait participer le public de fideles),faisant naitre la tradition gospel.
Le terme gospel s'oppose a spirituals dans la mesure ou il fait référence a des hymnes issus du Nouveau ,et non de l'Ancien Testament.Le terme Gospel,synonyme d'Evangile,caractérise une tradition religieuse plus populaire que les spirituals.L'un des pere du gospel s'appelle Charles Albert Tindley.Pasteur d'une église de Philadelphie,il souhaite s'adresser a ses fideles avec des mots compréhensibles de tous.L'innovation majeure apportée par ce dernier réside dans l'utilisation des thèmes et des paraboles des Ecritures comme illustration d'un quotidien très concret,sur une trame mélodique et rythmique modernisée.

L'essor du disque a partir des années 20 permet de prendre la mesure de la révolution gospel qui se manifeste par le biais de 3 catégories d'artistes.Tout d'abord,les Jubilee Singers ,quartet qui s'expriment dans un gospel proche des spirituals.Il y'a deuxiemement, les évangelistes itinérants (sans aucune connaissances théologique) rappelant par le style rudimentaire de leur art ,les chanteurs de blues nomades.Enfin,on distingue la catégorie des prédicateurs chanteurs ,de loin la plus appréciée du public Afro-Américain de l'entre deux gerres,Enregistrés dans leur église en présence de leurs fidèles,ces pasteurs a la parabole facile vont vendre des centaines de milliers de 78T dans les années 20.

Malgré le succés commercial des premieres formes de gospel,cette tradition n'aurait pas survécu aux difficultés économiques engendrées par le krach boursier de 1929 s'il ne s'était pas trouvé une personnalité capable de lui offrir une véritable respectabilité auprés des classes moyennes et supérieures de l'Amérique noir :Thomas Andrew Dorcey.
A l'origine pianiste de bar dans les quartiers chauds d'Atlanta,il s'installe en 1916 a Chicago ou il devient une vedette du disque.Lorsque le genre blues décline,il entame en parallèle une carriere dans le domaine religieux,comme il l'a lui-même raconté : « Je me suis dit que si j'arrivais a faire passer l'esprit et le pathos du blues dans des chants gospel,ma fortune était faite ».
A l'occasion d'une convention des congrégations baptistes,on lui signale que l'une de ses compositions rencontre un grand succés :les responsables de chorales,constatant les réactions positives que cette musique « commerciales » rencontre dans leurs églises,commandent a Dorsey de nouveaux cantiques .
Il va alors rencontrer les personnalités les plus marquantes de sa carrière dans sa ville a Chicago.
La 1ere se nomme Sallie Martinqui assurera la bonne marche des éditions de Dorsey,jusqu'à ce qu'un différent les séparent en 1940.Elle est remplacée par Mahalia Jackso.Cette dernière va permettre au gospel de connaître une popularité universelle.Elle enregistre en 1947,Move on up a little higher.Sa réputation va dépasser les frontiéres Américaines.Ainsi elle se produit plus de 20 fois a la Salle Playel (17e) de Paris,tandis que la reine Elizabeth et Churchill lui font parvenir des messages d'amitié pour sa préstation au Royal Albert Hall de Londres.
Elle dira du gospel : « les chansons de gospel sont des chansons d'espoir,on sait qu'il existe un remede a nos malheurs ».

Dans le meme temps,le gospel pratiqué par un nombre de petits ensemble vocaux connaît un age d'or.Et parallelement,Ray Charles et Sam Cooke distillent leurs R&B dans des sonorités gospel se qu'avait fait 20 ans avant Thomas Dorsey avec le blues.
En remplacant Dieu par des invocations plus terrestres dans des textes souvent hérités de l'église,substituant la chaleur des saxophones a celle de la chorale qui répond au prédicateur,ils donnent naissances a la musique soul.Par la suite,tout au long des années 60,de nombreux groupes vocaux perdent leurs meilleurs voix au profit de la musique du « diable » :O.V Wright,Wilson Pickett..Les femmes n'échappent pas a cette logique.C'est le cas de Dionne Warwick,ou Aretha Franklin qui sera l'icône emblematique de la soul féminine.Elle avait pourtant fait ses débuts a Détroit dans la New Bethel Baptist Church au coté de son pére.Certains artistes réussissent parfoisa hésiter entre ses deux genre musicaux de la culture noire américaine.Le plus doué de ces équilibristes est peut etre Solomon Burke,star de la soul et évéque de sa propre église.C'est le cas également du révérand Al Green,aujourdhui pasteur du Full Gospel Tabernacle de Memphis.Ses textes sont téllement équivoques qu'il est difficile de savoir si l'amour qu'il chante est d'ordre divin ou charnel.
On peut également citer les Stapples Singers famille phare du gospel,qui ont abordés la soul par le biais de la chanson a méssage.

En partie grace a cette ambiguité entretenue a une époque ou le militantisme et spiritualité possédaient des interets communs,la frontiére entre soul et gospel semble désormais moins hérmétique,le gospel s'étant progressivement ouvert au Rythm & Blues pour bénéficier de sa et son potentiel commercial.Pour survivre et prosperer ,les pasteurs ne dépendent que de la générosité de leur fidèles ,et lorsqu'il s'agit d'attirer les foules,le gospel est un argument payant.Le débat entre traditionnalistes et modernistes a beau se poursuivre dans l'Amérique noire,la reussite commerciale sans précédent des tenants de la seconde école apporte la preuve que le gospel est aujourdhui un business de premiére importance.

En ce début du XXIe siecle ,il semble que la soul et le gospel soient désormais décidés a affirmer leurs racines communes,au terme d'une rivalité de plusieurs décennies.
Comme l'affirmera un chanteur de R&B: « je suis convaincu que les paroles d'une chanson et sa musique sont des entités bien séparées.Pour vos donner un exemple,d'avantage de gens sons susceptibles de m'écouter si j'attache a un message du Seigneur des rythmes soul.La seule question que je me pose quand j'écris une chanson,c'est de savoir si ma musique touche les gens ou non »
Sur ce point on ne peut pas dire qu'il est tort,pour moi c'est m'essence meme de la musique. Bien il est temps de refermer cette parenthèse historique

Donc vous l'aurez compris,la musique soul provient a la fois du gospel par son dialogue avec le public et ses textes et de la musique populaire noire appellée rythm & blues (provenant elle-même de la fusion du jazz et du blues).La soul de JB contient également des racines country propre au Sud des Etats-Unis.
JB tout comme Ray Charles s'adaptaient a tout les format musicaux (jazz,blues,pop,rock,country) créant au final une matrice soul unique.
Ray Charles diras : « la soul est comme l'éléctricité,une force qui peut éclairer une pièce ».
Parallement le rythm & blues fusionneras avec le Rock & Roll pour former le Black Rock .Le jazz fusionneras également avec le Rock & Roll pour former le jazz fusion.
Le Funk naitra de la reunion entre la soul,le black rock et le jazz fusion.
Puis certains artistes en fonction de leur personnalités et de leur influence préviligéront la dominance d'un de ces 3 genres ,ou incorporeront de nouveaux instruments (flute,orgue,vibraphone..),ou les emprunteront a d'autres cultures (comme certaines percussions latines ou caraibeenes)
D'autre part malgré des années de servitude et d'exploitation ,les noirs américains ont su conserver le rythme 1er ,celui provenant d'Afrique.
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# Posté le mercredi 26 juillet 2006 07:14

Modifié le vendredi 28 juillet 2006 16:44